Radicalisation & Jeunesse : Retour sur le Midi POUR LA SOLIDARITÉ

Lundi, 15 Avril 2019

Le 21 mars dernier, POUR LA SOLIDARITÉ vous conviait à une discussion sur la thématique "Radicalisation & Jeunesse". Retour sur ces deux heures d'échanges animés en compagnie du psychologue Jean-Claude Maes.

Spécialiste des questions d'emprise sectaire et de radicalisme ainsi que co-fondateur de l'asbl PREFER - Prévention, REcherche, Formation sur l'Emprise et le Radicalisme, Jean-Claude Maes était l'intervenant phare de cette rencontre. Face à un public composé notamment de travailleur-ses de jeunesse, du monde de l'éducation ou des services publics, il a répondu aux questions de PLS.

Radicalisme et terrorisme : concepts aux réalités multiples

Jean-Claude Maes a commencé par présenter toute la complexité derrière le concept de radicalisme et de terrorisme, pouvant regrouper des réalités bien différentes et parfois opposées : du terrorisme d'extrême gauche à celui d'extrême droite, en passant par le terrorisme religieux et notamment le terrorisme djihadiste qui est particulièrement mis en avant ces dernières années.

À la demande de PLS, l'intervenant a pu ensuite introduire les 4 niveaux de prévention sur lesquels travailler afin d'entamer un processus de "déradicalisation".

La prévention primaire : avant la conversion.

Ce niveau de prévention vise la senbilisation du plus grand nombre. Elle peut se dérouler par l'éducation à la démocratie et la citoyenneté mais aussi l'enseignement de la religion de manière non confessionnelle, tout cela dans le cadre scolaire notamment.

La prévention secondaire : pendant la phase de conversion

Cette forme de prévention se déroule avant le passage à l'action violente. Elle concerne notamment les proches de la personne radicalisée (famille, amis...) et vise à leur donner des clés pour se positionner face à cette radicalisation : stopper les comportements ou discours contre-productifs que peut essayer de mettre en place la famille, commencer à semer les graines de la déradicalisation.

Il est important de montrer que la famille a une place compliquée car elle est à la fois fort touchée, voire endeuillée, par la situation, et en même temps prise par la honte et la culpabilité, notamment face aux regards extérieurs.

La prévention tertiaire : après l'infraction

Quelle réponse proposer après le passage à l'acte, lorsque la personne concernée est en voie de déradicalisation ? Il s'agit là d'éviter la rechute en s'attaquant aux causes mêmes qui ont poussé l'individu à se radicaliser. Ce travail peut notamment s'effectuer dans le cadre des prisons, même s'il manque cruellement aujourd'hui de moyens permettant un réel accompagnement en ce sens !

La prévention quaternaire, durant le deuil

Ce deuil peut être dù au décès réel de l'individu radicalisé et donc à la prise en compte de cette disparition par ces proches, mais l'on parle aussi de deuil de la personne que l'on connaissait avant. Ce-tte jeune a beau s'être déradicalisé-e, il ou elle ne redeviendra jamais celui qu'il  ou elle était avant.

Il s'agit donc d'accompagner les proches dans ce deuil mais aussi de soutenir le jeune vers une résinsertion socio-professionelle réussie.

Cette présentation a été suivie d'un échange de questions avec la salle, portant notamment sur les facteurs de radicalisation ainsi que les moyens à disposition afin de prévenir le radicalisme.

 

Cet événement avait lieu dans le cadre du projet YARIM - Youth And Religion In social Mediation - dont POUR LA SOLIDARITÉ est partenaire. Les ambitions ainsi que les productions du projet ont été présentés à cette occasion.


Le projet YARIM est mis en place par des partenaires de six États membres (Belgique, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Portugal) et financé par le programme Erasmus + de la Commission européenne.

Les Midis POUR LA SOLIDARITÉ sont des rencontres thématiques organisées - avec le soutien de la COCOF - pour décrypter les enjeux de la solidarité européenne. Dans un format court, ces rendez-vous réunissent des intervenant-e-s pour débattre autour d’un sujet spécifique tout en offrant un espace d’interactions avec le public. Parce que débattre c’est COMPRENDRE POUR AGIR !