Migrants

Des avocats accusent l’Union européenne de crime contre l’humanité

Mercredi, 5 Juin 2019

La politique migratoire européenne est fortement critiquée surtout depuis la crise migratoire de 2015. Deux avocats, Juan Branco et Omer Shatz ont transmis un rapport de 245 pages à la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) accusant l’Union européenne et ses États membres de crime contre l’humanité.

Le rapport rédigé par les deux avocats passe au crible la politique migratoire européenne entre 2014 et 2019. Pour eux, la politique d’externalisation de l’Union européenne en matière migratoire a conduit à la mort de plusieurs milliers de migrant.e.s.

L’Union européenne souhaitant à tout prix sécuriser ses frontière, elle a confié la lourde tâche aux pays frontaliers hors UE, de gérer l’afflux des migrant.e.s aux portes de l’Europe. De nombreux.euses migrant.e.s ont été refoulé.e.s en Libye, alliée stratégique de l’Union européenne dans la conduite de sa politique migratoire. Détenues dans des camps de détention et des centres de torture libyens les droits de ces populations sont quotidiennement bafoués.

Pour les deux avocats, les dirigeant.e.s européen.ne.s sont complices « d’expulsion, de meurtre, d’emprisonnement, d’asservissement, de torture, de viol, de persécution et d’autres actes inhumains ».

Les avocats dénoncent aussi la décision de la Commission européenne de mettre fin à l’opération de sauvetage Mare Nostrum en 2014. Pourtant en un an, la mission avait sauvé 150.810 migrant.e.s en mer Méditerranée. Pour les avocats, cette décision constituait un moyen de dissuasion à l'égard des migrant.e.s souhaitant rejoindre l’Europe.

Les États membres et la Commission européenne se sont défendus de ces accusations en soulignant que le sauvetage des migrant.e.s avait été la priorité des politiques européennes. Pour la France, cette accusation n’a aucun fondement légal.

L’accusation a peu de chances d’aboutir la procureure n’étant pas « légalement tenue par les communications reçues d’individus ou d’ONG ».

Un simple rappel : 12.000 migrant.e.s sont mort.e.s au cours des cinq années étudiées par le rapport.