Genre

Les disparités entre hommes et femmes et les difficultés engendrées par les discriminations qu’elles subissent ont fait l’objet de plusieurs études et enquêtes au cours des dernières années. Un des principaux enjeux en matière de discrimination faite aux femmes concerne notamment l’écart salarial qui existe entre les hommes et les femmes en Europe. Sur une base horaire, cet écart de salaire atteint 18% dans l’Union Européenne alors que lorsque le salaire est considéré sur une base annuelle, l’écart grimpe à 24%. Le taux d’emploi des femmes ayant un enfant à charge atteint 62,4% alors qu’il est de 91,4% pour les hommes. De l’ensemble des travailleurs à temps partiel, 76,5% sont des femmes. Pour celles-ci, travailler à temps partiel est souvent synonyme de salaires moins élevés et d’une plus grande précarité.

Les femmes sont donc victimes d’une différence de traitement par rapport aux hommes qui les empêchent de prendre leur juste part à la vie sociale et professionnelle. Malgré un taux de diplômés de plus en plus élevé, les femmes occupent encore à l’heure actuelle une part plus faible dans les postes à responsabilité (environ 25%).

Les femmes enceintes sont elles aussi souvent victimes de discriminations. Dans un rapport de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité (Halde) publié en 2010 on pouvait y lire qu’il y avait eu une augmentation de 60% des plaintes reçues pour discrimination professionnelle en cas de grossesse.

Ainsi, malgré le fait que l’égalité entre hommes et femmes soit inscrite dans les législations nationales et européennes, ce principe est loin d’être respecté dans la vie courante.

Les conséquences de ces discriminations sont nombreuses. Non seulement elles constituent une atteinte au principe d’égalité, mais elles s’avèrent aussi être un frein à la croissance. Une étude menée sous la présidence suédoise de l’Union Européenne avait révélé que l’élimination des différences en matière d’emploi entre les hommes et les femmes pourrait menée à un accroissement du PIB de l’ordre de 15 à 45 points de pourcentage.

La commission européenne, face à cette situation, tente donc de jouer un rôle actif dans la lutte contre les discriminations dont sont victimes de nombreuses femmes. Une conférence européenne sur l’écart salarial a ainsi eu lieu lors de la présidence belge de l’Union Européenne (octobre 2010) et une stratégie  en matière d’égalité hommes-femmes a été établie par la Commission européenne pour la période 2010-2015, signe de l’importance croissante de cet enjeu au sein de l’Union Européenne.